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jeudi 10 novembre 2016

DANS MON COURRIER EXCELLENTE NOUVELLE

Le grand retour des végétariens


Chère lectrice, cher lecteur,

Léonard de Vinci était végétarien. Il ne comprenait pas pourquoi ni comment les hommes acceptaient de se transformer en « cimetières à animaux », en absorbant tous ces animaux morts, dans leur assiette :

« Homme, si vous êtes vraiment, comme vous le décrivez, le roi des animaux – j'aurais dit plutôt le roi des brutes, la plus grande de toutes ! –, pourquoi prenez-vous vos sujets pour satisfaire votre palais, pour des raisons qui vous transforment en une tombe pour tous les animaux ? […] La Nature ne produit-elle peut-être pas en abondance des aliments simples ? Et si vous ne pouvez pas vous contenter de tels aliments simples, pourquoi ne préparez-vous point vos repas en mélangeant entre eux ces aliments [d'origine végétale] de façon sophistiquée ? [1] »

Mais cela faisait très longtemps que les philosophes s’interrogeaient sur le bien-fondé, et la moralité, de manger des animaux.

Le premier végétarien dont on se souvienne

Le philosophe pré-socratique Pythagore (c’est-à-dire ayant vécu avant Socrate, donc avant le Ve siècle avant Jésus-Christ, à Athènes), dont on se souvient surtout aujourd’hui pour ses apports aux mathématiques, est le premier à avoir prôné le végétarisme.

Pour lui, manger des animaux était réservé aux dieux, à qui on offrait des victimes en sacrifices sanglants.

L’alimentation des simples mortels devait se composer de légumes. Ses disciples furent appelés les « légumistes ». Ce furent les premiers végétariens dont on se souvienne (car peut-être certains hommes préhistoriques, ou certains ancêtres de l’homme, étaient-ils herbivores, mais cela reste du domaine de la supposition).

Se contenter de légumes et de fruits, renoncer à la viande, au poisson, et parfois également aux œufs et aux produits laitiers, avait à l’origine une connotation morale, ou sacrificielle.

Ainsi les civilisations et les groupes sociaux qui prônent la retenue, la maîtrise de soi, une certaine forme de rigueur et de sobriété, ont-ils plus eu tendance à être végétariens.

Un acte moral

Chez les chrétiens, les jours de pénitence (vendredi, Carême, Avent) étaient marqués par l’interdiction de manger de la chair (animale). On mangeait donc « végétarien » ces jours-là, afin de se sanctifier, de progresser moralement et spirituellement.

Saint Benoît, qui fonda l’ordre monastique des Bénédictins en 529, imposa à ses moines un régime végétarien. L’ordre de la Trappe, dès sa fondation au XVIe siècle, s’opposa rigoureusement à la consommation de la viande, des œufs et des autres aliments d’origine animale. Aujourd’hui, l’Église adventiste du septième jour recommande fortement le végétarisme à ses membres.

Chez les hindous, les sikhs, les bouddhistes, le végétarisme est également associé à l’esprit de non-violence. Plus de 30 % de la population de l’Inde actuellement est végétarienne, sous la forme hindoue qui exclut les œufs.

Aujourd’hui, le débat fait rage !

Faire du bien en se faisant du bien

En Occident, le végétarisme est à la fois défendu comme l’option la plus éthique pour la planète, mais aussi directement pour la santé humaine, manger végétarien étant présenté comme meilleur pour la santé, indépendamment des bienfaits pour l’environnement.

S’il est possible d’être vertueux tout en se faisant du bien, il faudrait être bien bête pour dire non.

Or, sur le plan de la nutrition scientifique, le régime végétarien se défend très bien actuellement – même si on n’en parle pas beaucoup en Europe, et particulièrement peu en France, où les végétariens restent très minoritaires par rapport à nos voisins.

Dr Dean Ornish, la star californienne du régime végétarien

Le Dr Dean Ornish n’est pas très connu en Europe, mais c’est le Montignac, ou le Dr Cohen, de l’Amérique.

Il y a trente ans, il connut son heure de gloire lorsqu’il utilisa un régime végétarien et pauvre en graisses pour traiter ses patients souffrant de maladies cardiovasculaires.

Toutes les vedettes de Hollywood se précipitaient chez lui. Vous vous en souvenez, c’était les années 1980 quand on nous expliquait de fuir toutes les graisses animales, de manger notre salade sans vinaigrette, notre pain sans beurre, du pain complet, des produits 0 %, de manger de la margarine végétale.

Le Dr Ornish était à la pointe de ce mouvement : chercheur à l’université de Californie, il fut l’un des pionniers du « Lifestyle Heart Trial », une étude clinique rigoureuse, de long terme, qui montra que des changements des habitudes de vie pouvaient améliorer l’état de santé des personnes atteintes de maladies coronaires de manière spectaculaire, sans recours à la chirurgie ni aux médicaments anti-cholestérol.

Son régime consiste à manger beaucoup de fruits, de légumes et de céréales complètes, avec une supplémentation en vitamine B12 et en oméga-3.

Viandes, graisses, alcool, sucres simples et produits laitiers doivent être évités au maximum.

Le régime végétarien est riche en facteurs nutritionnels protecteurs contre les maladies coronariennes (des artères qui irriguent le cœur), dont : les antioxydants, les fibres solubles, les folates, les vitamines et les provitamines (caroténoïdes et flavonoïdes), et un bon rapport d’acides gras oméga-6/oméga-3.

Ce régime est aussi pauvre en cholestérol, graisses saturées et acides gras trans.