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vendredi 4 mars 2016

EXCELLENT ARTICLE DE LIBERATION SUR L' ENFER DES ANIMAUX

SOURCE ET SUITE

A LIRE JUSQU' AU BOUT AVEC UNE INFO LIVRE!!!!

Des boeufs chez un grossiste en viande de Cholet, en septembre.

Comment réagirions-nous, si nous étions les animaux ? Comment assumer d’être, en tant que consommateurs, ceux au nom desquels une violence inouïe se perpétue ?

Après la diffusion des images de l’abattoir d’Alès en octobre, nous avons été nombreux à espérer qu’il s’agissait d’une exception. Nous avons pu penser qu’il suffisait, pour ne pas cautionner ces pratiques, de nous renseigner sur la provenance de la viande que nous achetons, et de privilégier autant que possible les produits bio sur les produits les plus industriels. Les nouvelles images tournées par l’association L214 dans l’abattoir du Vigan, certifié bio et fonctionnant en circuits courts, montrent que s’arrêter là tient encore du déni. On y voit un opérateur balancer des moutons contre une barrière métallique ; d’autres employés jouent à leur infliger des décharges électriques ; le matériel est inadapté, les étourdissements ratent, sans qu’aucun vétérinaire n’intervienne ; les animaux sont nombreux à avoir repris conscience sur la chaîne d’abattage avant d’être saignés.
Ouvrir les yeux sur cette violence est aujourd’hui indispensable. Parce qu’on y tue des êtres sensibles, parce que la mise à mort y est industrielle, les abattoirs ne peuvent plus être des boîtes noires inaccessibles au regard du public. Leurs murs doivent devenir transparents. Si la filière viande veut restaurer un peu de confiance dans les méthodes de production, elle doit accepter des contrôles plus systématiques, qui permettent de déterminer l’ampleur des infractions et de s’assurer qu’elles ne se multiplient pas en toute impunité.

Carnophallologocentrisme

Manger de la viande n’est pas un crime, entend-on ça et là, du moment qu’on tue les animaux sans leur faire connaître de souffrances inutiles. On aimerait croire à ce discours. Car après tout, si on assurait aux animaux d’élevage une vie décente, une liberté de mouvement, une alimentation convenable, si ensuite on les mettait à mort sans douleur, on pourrait se dire que c’est à l’élevage que ces animaux doivent leur vie, et que donner la vie c’est toujours promettre la mort. Le fait est, malheureusement, que ces conditions sont loin d’être réunies. Les abattoirs sont le lieu le plus emblématique de la violence faite aux animaux, mais ils ne représentent qu’une partie du problème. Tous ceux qui sont maintenus en élevage intensif connaissent des conditions de vie atroces.

Ils sont séparés de leurs petits, enfermés, gavés d’antibiotiques, souvent mutilés sans anesthésie. Si le principe premier de l’éthique est de ne pas infliger à autrui ce qu’on ne voudrait pas que d’autres nous infligent, alors nous devons nous poser la question : comment réagirions-nous, si nous étions les animaux ?
Comment assumer d’être, en tant que consommateurs, ceux au nom desquels cette violence se perpétue ? Lorsqu’on réfléchit au système que nous avons laissé s’installer, les lignes de défense cèdent, les techniques de refoulement et les mouvements de repli s’avèrent inefficaces. Nous sommes nombreux encore à ne pas vouloir en tirer les conséquences, mais nous commençons à le comprendre : en réalité, c’est tout notre rapport au vivant que nous devons réviser.