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mercredi 17 février 2016

ELEVAGE INDUSTRIEL: 27 ANS, ELLE MEURT POUSSEE DANS UN LAC GELE

Mort d’une jeune femme dans une exploitation laitière : quelle analyse ?

Une technicienne spécialisée dans le contrôle laitier est morte ce matin, à 27 ans à peine1.
Elle a été poussée dans l’étang gelé d’une exploitation laitière aveyronnaise, à la suite d’une altercation…
Au-delà du drame, ce si triste fait divers a révélé beaucoup de choses sur les médias, le monde agricole, et le ministère de l’agriculture.

Le traitement par les médias

A Vegactu, nous avons été profondément choqués par le traitement médiatique réservé à la mort de la jeune femme. Nous avons entendu des commentaires comme « un décès tragique, à l’heure où les éleveurs endurent une crise sans précédent ».
Non : un décès tragique, point ! A titre de comparaison, si l’on entendait parler d’un professeur ayant abusé des élèves, les médias le chroniqueraient-ils en disant « un acte honteux, à l’heure où le métier d’enseignant devient de plus en plus difficile » ? Non. Il n’y a pas de circonstances atténuantes à l’agression mortelle de cette jeune femme ! Les difficultés financières de la filière ne doivent pas être prises en compte dans ce drame, et surtout pas le minimiser…

Le discours du ministre de l’agriculture

Stéphane Le Foll a assuré quelques heures après le drame que la victime n’avait pas été tuée durant un « contrôle » mais qu’elle était là dans « une démarche de conseil ».
Là encore, quel est le rapport ? On en vient même à se demander si les éleveurs sont parfois effectivement contrôlés, ou si la filière agricole jouit d’un tel capital sympathie irréfléchi dans les médias et la population qu’on laisse les exploitants faire à peut près ce qu’ils veulent en toute tranquillité. Un sentiment d’impunité qui peut dégénérer en de semblables faits divers.
Monsieur Le Foll s’est d’ailleurs empressé de préciser que ce n’est pas le chef de l’exploitation qui est l’auteur du crime.

 Éleveurs, enfants de cœur ?

Nous tenons quant à nous à rappeler que les éleveurs sont des individus habitués à maltraiter des êtres sensibles : même pour ceux qui respectent la loi, cette dernière leur permet de séquestrer leurs bêtes une bonne partie de l’année, de les traire exagérément, les inséminer chaque année et leur mutiler les cornes en cautérisant dans de grandes souffrances2 (pour les éleveurs bovins), de leur arracher les canines et de leur couper la queue sans anesthésie3, mais aussi de les castrer à vif (pour les éleveurs porcins), de les maintenir dans de minuscules cages hors sol et dans une promiscuité inhumaine (pour les éleveurs de volailles et de lapins), de les gaver d’antibiotiques (pour tous). Et de les tuer à un âge tendre, bien sûr.
Rappelons aussi que l’industrie du lait est l’une des pires qui soit4 : veaux arrachés à leur mère, élevés pour leur viande dans des conditions atroces ou tués encore bébés. Oui, il y a encore plus de souffrance dans un verre de lait que dans un steak.
Nous ne sommes donc qu’à moitié étonnés que des individus capables de faire de tels actes leur labeur quotidien puissent commettre un crime qui défraie la chronique.