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lundi 29 février 2016

ABATTOIR DE VIGAN LETTRE DE MR FREUND, DIRECTEUR DE OABA


 SOURCE ET SUITE

Frédéric Freund, Directeur de l’OEuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoir, évoque plusieurs pistes :
  • Les individus
Au niveau des individus, d’abord, il y a un problème de comportement du personnel qui n’a visiblement pas la pleine conscience de manipuler des êtres vivants. Oui, ce sera de la viande à consommer, mais plus tard. Là ce sont des animaux vivants. Même si on n’attend pas d’un professionnel travaillant dans un abattoir qu’il ait été touché par l’esprit de Brigitte Bardot, il est quand même supposé respecter les règles élémentaires d’abattage. On n’entrera pas dans les détails pour les âmes sensibles.
  • La formation
Au niveau de leur formation ensuite : il y a une formation théorique pour travailler dans un abattoir. Un certificat de compétence est délivré après quelques demi-journées. Cette formation qui n’est que théorique doit enseigner la manière adéquate de se servir du matériel. Cette formation est-elle insuffisante ? Ou, dans le cas des individus mis en cause par les vidéos diffusées, inexistante ?
  • Un lieu fermé
Enfin, l’abattoir est un lieu qui n’est pas ouvert au public. Derrière les murs on ne sait pas toujours ce qui se passe.
  • Des inspecteurs vétérinaires en voie d’extinction
C’est l’État qui réglemente le nombre de vétérinaires inspecteurs. Frédéric Freund fait remarquer que le contrôle devant être pratiqué par un vétérinaire est en réalité très difficile à réaliser désormais. Et pour cause : l’État a fait en sorte de décimer les vétérinaires inspecteurs (même l’Italie et le Portugal ont proportionnellement plus d’inspecteurs que la France) : entre 2006 et 2012, ce sont pas moins de 1000 postes qui n’ont pas été renouvelés (non-remplacement des départs à la retraite).
Ce sont même parfois des vétérinaires installés en exercice libéral qui se déplacent pour les contrôles : c’est-à-dire qu’en plus de leur travail en clinique ou au domicile d’agriculteurs, ils font des vacations dans les abattoirs. Mais une urgence peut les retenir et comme ils ne peuvent être partout à la fois, ils donnent priorité à celle-ci. Résultat : aucun vétérinaire sur place à l’abattoir pour examiner les bêtes et faire une inspection.
Bref, il n’y a plus le personnel nécessaire pour effectuer les contrôles. Et les politiciens proclamant aujourd’hui qu’ils vont résoudre le problème l’ont en fait créé ! Encore une fois, l’État s’attribue des tâches qu’il n’arrive pas à gérer. La surveillance de l’abattoir du Vigan, dont le financement est public, n’a pas été convenablement effectuée malgré les avertissements répétés. Et il n’est pas impossible que ce triste scandale concernant pour l’heure des abattoirs de petite taille ne soit pas un cas isolé.
Au passage, les Français, via leurs impôts, contribuent au financement de l’abattoir, achètent leur viande en payant une TVA, viande qui par ailleurs a reçu quantité de subventions versées aux agriculteurs. L’État est décidément présent depuis le pré jusqu’à votre assiette, et on s’étonne que ça ne fonctionne pas.
Mais ce n’est pas fini : nous allons bientôt participer financièrement à un projet où des personnes réfléchiront à ce problème qui a pourtant été déjà identifié : le ministre Stéphane Le Foll va prochainement lancer une « Stratégie nationale 2016-2020 pour le bien-être animal ». Quand on voit le peu de préoccupation témoignée à cette cause, on se doute que la stratégie est davantage politique. Et il ne faudrait pas prendre les Français pour des moutons…