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vendredi 9 octobre 2015

ETRE VEGETARIEN DEVIENT ACCEPTABLE OU MIEUX GLAMOUR.. MEME EN FRANCE C' EST DIRE

SOURCE ET SUITE


Il y a deux semaines, il était en tête des articles les plus lus du New York Times. «Vegans Go Glam». Les vegans deviennent glamours. Cela fait un moment déjà qu’aux Etats-Unis, Bill Clinton, Beyoncé ou Chrissie Hynde ont pu faire leur outing végétarien sans peur du ridicule. C’est loin d’être le cas en France, où aura lieu la Veggie Pride samedi et dimanche. Les végétariens y sont encore pris dans la nasse de clichés divers : hippies tristes et pâlots ou extrémistes nazillons. Sans parler des authentiques vegans, qui ont poussé jusqu’à son terme la logique végétarienne en refusant de consommer tout ce qui est issu de l’exploitation animale (œufs, lait, cuir). Pourtant, ici aussi, les représentations changent à grands pas.
Les Anglo-Saxons avaient depuis longtemps leurs penseurs du végétarisme, dont le plus fameux est Peter Singer. Son livre la Libération animale, paru en 1975, est traduit en une quinzaine de langues. «En France, rares sont ceux qui s’exprimaient jadis contre l’élevage et l’abattage industriels, en dehors des associations de protection animale, commente la philosophe Corine Pelluchon, professeure à l’université de Besançon et blogueuse de Libé (1). C’est en train de changer, et les voix qui s’élèvent aujourd’hui sont très diverses.» Des «réformistes», comme la sociologue Jocelyne Porcher, une ancienne éleveuse qui milite contre l’élevage intensif, aux «abolitionnistes», comme la philosophe Florence Burgat, qui remettent en cause toute utilisation de l’animal par l’homme. Très récemment, le bouddhiste Matthieu Ricard, les journalistes Franz-Olivier Giesbert et Aymeric Caron, la polémiste Marcela Iacub ont popularisé les notions de bien-être animal - des soutiens populaires d’ailleurs plus ou moins appréciés des vegans purs jus.
Les végétariens ont leur revue (les Cahiers antispécistes), leur festival (Estivales de la question animale), leur association phare, L214 (7 000 adhérents), qui promeut «un mode de vie qui n’exploite pas du tout les animaux», explique Brigitte Gothière, sa porte-parole : «284 000 personnes ont liké notre page Facebook. On a dépassé Greenpeace !»
Si végétarisme et bien-être animal manquaient un peu de visibilité ces dernières années, on ne peut pas dire en revanche qu’ils manquent de concepts. Les végétariens «éthiques» sont, a priori, des animalistes qui combattent le spécisme - la hiérarchisation des êtres vivants en espèces, l’espèce humaine étant au-dessus de toutes les autres - et le carnisme - cette idéologie des mangeurs de viande, qu’on ne voit plus tant elle nous paraît naturelle mais qui régit tous nos rapports à la nature.