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lundi 24 août 2015

LE MYTHE DES PROTEINES INCOMPLETES...ACIDES AMINES

SOURCE ET SUITE

Comme les vieilles info ont la vie dure, nous avons décidé de traduire cet article du Docteur Jeff Novick, qui fut Directeur du Service Nutrition au Centre Pritikin de Floride et Vice-Président du Conseil d’Administration de la National Health Association.
Cet article dénonce brillamment le mythe des protéines végétales complémentaires, illustré souvent par l’exemple de l’association conseillée des légumineuses avec les céréales. Ce mythe éculé, en plus d’être fautif, ne rend pas service au véganisme en faisant croire qu’il est plus difficile d’obtenir une protéine complète en mangeant végane.
Vous pouvez retrouver l’article orginal et en anglais de Jeff Novick sur le site de Forks Over Knives ( http://www.forksoverknives.com/the-myth-of-complementary-protein/ ):


Traduction :

Il y a peu, lors d’un de mes cours de nutrition alors que je parlais de la qualité de l’alimentation végane pour répondre à tous les besoins nutritionnels de l’Homme, une femme à levé la main et a affirmé: « J’ai lu que les aliments d’origine végétale ne contiennent pas tous les acides aminés essentiels à l’être humain et que pour être en bonne santé il faut soit manger des protéines animales, soit combiner les aliments d’origine végétale entre eux pour être sûr d’ingérer les protéines complètes. »
J’étais assez étonné d’entendre une telle affirmation, ce mythe, l’un des plus vieux mythes au sujet de l’alimentation végétale a été réfuté depuis bien longtemps. J’en ai informé l’intervenante, et la jeune femme a répondu être une interne en médecine et que le manuel de physiologie humaine actuellement utilisé dans son cursus affirmait cette complémentarité des protéines végétales et que lors des cours, les professeurs avaient bien insisté sur ce point.
J’étais abasourdi. Que des mythes pareils circulent encore parmi des populations non informées ou non éduquées pourquoi pas, mais qu’ils persistent dans la communauté médicale! Comment espérer alors que les gens puissent apprendre à manger sainement? Il est important de corriger cette désinformation, car beaucoup de gens sont effrayés à l’idée de devenir végétaliens à cause de ces « protéines incomplètes ».
Comment ce mythe de la « protéine incomplète » s’est-il répandu?

Une idée fausse qui n’a rien d’anodin

Le mythe des protéines incomplètes a été popularisé en 1971 par Frances Moore Lappé dans son ouvrage « Régime pour une petite planète » (Diet for a small planet). L’auteure y affirmait que les aliments végétal sont déficients en certains acides aminés, et que par conséquent, afin d’avoir un régime alimentaire végétarien équilibré, il fallait combiner certains végétaux entre eux (céréales + légumineuses) afin d’ingérer tous les acides aminés essentiels dans les bonnes quantités.
Lappé ne pensait pas à mal et son erreur est compréhensible. Elle n’était pas nutritionniste, physiologue ou docteur, c’était une sociologue qui essayait d’apporter une solution à la faim dans le monde. Elle avait réalisé que la transformation des protéines végétales en protéines animales [l’élevage par exemple] était un gâchis; si les populations se nourrissaient exclusivement des protéines végétales bien plus pourraient être nourris.
Mais Frances Moore Lappé a réalisé 10 ans plus tard en 1981 l’invalidité de cette affirmation, s’est rétractée et a déclaré qu’en voulant abattre un mythe (la fatalité et l’inéluctabilité de la faim dans le monde), elle en avait créé un nouveau: le mythe de la complémentarité des sources de protéines.
L’auteure a modifié les éditions suivantes de son ouvrage et y affirme clairement que tous les aliments d’origine végétale habituellement consommés pour leur apport en protéine contiennent tous les acides aminés essentiels et ce dans une quantité suffisante. Si une personne consomme suffisamment de calories, elle est certaine d’ingérer assez de protéine dans un régime alimentaire végétal.