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lundi 27 juillet 2015

TAFTA ET AGRICULTURE FRANCAISE ET SIGNER CONTRE TAFTA/TTIP

SOURCE ET SUITE

Alors que les agriculteurs français ne décolèrent pas, un autre motif pourrait venir s'ajouter à leur ire : le TAFTA. Sous cet acronyme, un traité entre l'Europe et les USA de zone de libre échange. Peut-être là la fin d'un certain modèle agricole.

L'agriculture française est-elle en souffrance ou à l'agonie? Les manifestations de ces derniers jours montrent des agriculteurs en colère dénonçant pêle-mêle la grande distribution et leur marge prohibitive. Beaucoup s'insurgent également contre un système européen qui empêche les producteurs agricoles de vivre de leur travail. C'est dans ce contexte déjà tendu que certains agriculteurs s'inquiètent des conséquences que fera peser sur leur métier le TAFTA, ce traité qui doit théoriquement créer une gigantesque zone de libre échange entre l'Europe et les États-Unis, un marché de 800 millions de consommateurs sur 14 millions de km2. Un territoire représentant la moitié du PIB mondial et le tiers des échanges commerciaux. Alléchant sur le papier, mais beaucoup moins dans la réalité. Emmanuel Aze, agriculteur, décrypte pour RT France les conséquences de ce traité sur le secteur agricole.

RT France : D'après ce qu'on sait, quel sera l'impact du TAFTA sur l'agriculture européenne et plus spécifiquement française ?

Emmanuel Aze : Prenons le cas de la viande bovine qui agite les agriculteurs en ce moment. Cette filière est encore relativement protégée par les barrières tarifaires en Europe. Cela permet de produire et de consommer encore de la viande européenne et de se protéger d'importation de viande américaine à des prix extrêmement bas. Dans le cadre du TAFTA, une fois ces barrières douanières levées, on estime que le revenu des producteurs de viande bovine en France chuterait de 40 à 50%. Cela signifierait une arrivée massive sur le marché européen de viande canadienne et américaine. Ce serait tout simplement l'effondrement du secteur de la viande bovine.

RT France : Par quels mécanismes précisément tout cela se fera ?

Emmanuel Aze : Le TAFTA est composé de plusieurs volets. Il y a le volet classique des barrières tarifaires. La partie coopération réglementaire qui institue un organisme de coopération réglementaire où siègeraient un certain nombre de fonctionnaires, entourés de représentants de l'industrie. Cet organisme statuerait sur l'homogénéisation des systèmes de réglementation des deux côtés de l'Atlantique. Il court-circuiterait les instances politiques démocratiques. Le troisième volet est le mécanisme de règlement des différents entre États. Ces trois mécanismes vont concerner évidemment l'agriculture et vont l'impacter.

RT France : Que pensez-vous des déclarations de Pierre Moscovici qui estime que le TAFTA va profiter plus à l'Europe qu'aux États-Unis puisqu'il ouvrira le marché américain ?

Emmanuel Aze : C'est n'importe quoi. D'abord de quel produit parle-t-il ? De toute façon, il faut regarder le projet politique que porte le Tafta. Il ne faut pas l'envisager à travers les différents secteurs concernés par ces négociations. Chaque secteur économique est hétérogène. Quelle est l'idée sous-jacente au TAFTA ? Que le mieux être collectif procède d'un accroissement de la compétition économique. C'est un projet de société qui considère les citoyens comme des consommateurs. Il vise à la baisse des prix et à l'accroissement du profit pour seulement quelques multinationales. Tous les petits agriculteurs seraient en danger. Dans le domaine agricole, ne survivraient que les grosses unités industrielles qui ont des moyens de production à bas prix, une mécanisation à outrance. Pourquoi la FNSEA défend-elle cet accord alors qu'on sait que le Tafta va nuire à l'agriculture européenne et française ? Tout simplement parce que la FNSEA est dirigée par des multinationales agricoles et non plus par de petits agriculteurs. 



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Nous appelons les institutions de l'Union européenne et de ses pays membres à arrêter les négociations avec les Etats-Unis sur le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP ou TAFTA) et à ne pas ratifier l'Accord Economique et Commercial Global (CETA) avec le Canada.
Principaux objectifs :
Nous souhaitons empêcher que soient conclus les accords TTIP/TAFTA et CETA car ils contiennent plusieurs points critiques tels que le règlement de conflits investisseurs-Etats et de règles sur la coopération réglementaire qui constituent une menace pour la démocratie et l’Etat de droit. Nous souhaitons empêcher que les droits du travail, les normes sociales, environnementales, de protection de la vie privée et des consommateurs soient abaissées et que les services publics (tels que ceux liés à l'eau) et le patrimoine culturel soient dérégulés dans le cadre de négociations non transparentes. Nous soutenons une politique commerciale et d'investissement alternative au sein de l'UE.