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lundi 1 juin 2015

FERMETURE DES ABATTOIRS, 13 JUIN A PARIS

SOURCE ET SUITE
 A PARIS CE SERA LE 13 JUIN....

Le 6 juin, plusieurs centaines de personnes défileront pour la fermeture des abattoirs, parmi eux, des militants de groupes de défense des animaux. Entretien avec Carole Mare, porte-parole du Mouvement pour la cause animale.
Dès 14 heures, un cortège partira du musée d'art contemporain en direction du métro Capitole. Parmi les participants, Carole Mare, 30 ans, professeur de français et porte-parole du Mouvement pour la cause animale qui tient un stand tous les dimanches au marché Saint-Aubin. Comme une majorité de manifestants, Carole est végane ; elle ne consomme donc pas de produits issus de l'exploitation animale comme la viande, les œufs, le lait ou le cuir. Rencontre avec cette militante aux solides convictions.
Quel message souhaitez vous faire passer en priorité ?
Nous soutenons plusieurs causes pour la défense des animaux, mais la priorité absolue est de lutter contre le massacre des animaux destinés à être mangés. Les conséquences sont dramatiques, à la fois pour la souffrance animale, pour la santé et aussi pour la planète. Les chiffres ahurissants doivent alerter l'opinion.
Quels chiffres devraient faire changer les gens ?
Le constat le plus frappant c'est que l'humanité tue chaque année 63 milliards d'animaux terrestres (dont 3 millions chaque jour en France), et pêche 1 000 milliards d'animaux marins. À titre de comparaison, on dit que dans toute l'Histoire environ 106 milliards d'êtres humains sont nés sur Terre.
Et les conséquences sur l'environnement ?
La plupart des gens pensent que les plus gros facteurs de pollution dans le monde sont les transports ou les usines. Mais, le plus gros producteur de gaz à effet de serre, c'est l'élevage, non seulement pour la viande, mais aussi pour le lait. C'est aussi un énorme gaspillage en eau. Par exemple pour manger un kilo de bœuf, il faut 15 500 litres d'eau et 15 kg de céréales. Si on utilisait ces ressources végétales pour l'homme, on pourrait nourrir 15 milliards de personnes. À ce train-là, d'ici 2050, on aura plus assez d'eau pour produire de la viande. L'ONU a aussi alarmé le monde sur le fait qu'il n'y aurait plus aucun poisson en mer d'ici 40 ans, si nous ne faisons rien. Les gens doivent réagir.
Quand et comment êtes-vous devenue végane ?
Je suis végane depuis environ quatre ans. J'ai eu une prise de conscience en rencontrant des personnes concernées, ce qui n'était pas le cas avant. Comme la plupart des gens, je croyais que la viande, le lait et les œufs étaient nécessaires à la survie des humains, que sans ça, on avait des carences. Or, en me renseignant un peu, je me suis rendu compte que tout ça était totalement faux. Une fois qu'on a conscience de la situation, il est presque impossible de rester insensible. Par exemple, pour produire des œufs, puisqu'ils ne pondront pas, on broie 50 millions de poussins mâles vivants chaque année en France. Même dans les élevages bios ! 80 % de la viande de bœuf vient de vaches laitières réformées d'à peine 3 ans, qui ont reçu un traitement terrible. Et je ne parle même pas des abattoirs où les animaux subissent de véritables tortures.
Comment vous expliquer que les gens aient souvent des a priori négatifs sur les véganes ?
Il faut bien se rendre compte qu'il y a un énorme lobby de l'industrie de la viande et du lait. Combien de pubs voit-on par jour pour ces produits ? L'image négative ou extrémiste que l'on colle parfois aux véganes est largement encouragée par ces lobbies. Vous noterez que dès que l'on va à contre-courant d'une grande puissance financière, on est toujours montré du doigt. Les gens ont sans doute aussi du mal à nous comprendre, parce qu'ils sont très peu informés sur le sujet. D'ailleurs contrairement, à ce que l'on croit, lorsqu'on est végane, le plus difficile ce n'est pas de se passer des produits animaux, mais le regard que la société porte sur notre mode de vie.