samedi 31 janvier 2015

NOUVEAU LIVRE SUR LE VEGANISME: VEGETARISME DES LUMIERES , ET D' AUTRES

SOURCE ET SUITE
 DE NOMBREUX PASSAGES TRES INTERESSANTS!!


Renan Larue est agrégé et docteur en lettres modernes. Récipiendaire de la bourse Banting, il est chercheur postdoctoral à l’université de Montréal où il enseigne la littérature française. Il est l’auteur du Végétarisme des Lumières (Garnier, à paraître) et d’une anthologie intitulée Les pensées végétariennes de Voltaire (Fayard/Mille et une nuits, 2014). Il vient de faire paraitre Le végétarisme et ses ennemis aux Presses universitaires de France et a généreusement accepté de nous accorder une entrevue.
Le végétarisme et ses ennemis décrit une querelle qui perdure depuis 2500 ans. Quelle évolution des arguments invoqués de part et d’autre avez-vous observée ?
Du côté des carnistes, comme du côté des végétariens/véganes, on assiste à un phénomène comparable : certains arguments existent depuis toujours et sont aujourd’hui encore avancés, tandis que d’autres me semblent définitivement tombés dans les oubliettes de l’histoire des idées. Les végétariens ont par exemple toujours mis en évidence les similarités (biologiques, psychologiques) entre les humains et les animaux, et ils ont presque systématiquement voulu en tirer des conséquences morales et juridiques. Depuis les Grecs, les végétariens refusent également de croire qu’une divinité aurait créé l’univers tout entier pour le mettre à la disposition d’une seule espèce – la nôtre. Parmi les choses qu’ils ont abandonnées, du moins en Occident, je citerais la foi dans la réincarnation. Un des principaux traits du carnisme, un trait qui perdure largement jusqu’à nos jours, c’est l’idée que le végétarisme et le véganisme seraient des positions ridicules et que, pour cette raison, elles ne mériteraient pas d’être discutées. Les carnistes considèrent également que l’espèce humaine est la favorite du Créateur (ou de la nature) et qu’elle a donc tous les droits sur les autres espèces animales. Pour mettre en garde contre le « danger » que constituerait le refus de tuer les animaux, les carnistes soutiennent aussi depuis le Ve siècle avant J.-C. que la non-violence à leur égard provoquerait la destruction de nos villes et même de nos campagnes. Le recours à l’écologie est depuis quelques décennies plutôt l’apanage des véganes qui soutiennent que la consommation de poissons, de laitages et de viande fait peser une gigantesque menace sur l’environnement.
 SUITE A NE PAS MANQUER!!!!
 DONT:
Il est toujours périlleux de se lancer dans des prédictions. Mais ce que je peux dire, c’est que le XXIe siècle sera très probablement la période de l’histoire la plus favorable à la non-violence végane. Plusieurs paramètres semblent en effet réunis : nous devenons de plus en plus sensibles à la souffrances des animaux alors même que leurs conditions d’élevage sont dans l’immense majorité des cas proprement effroyables ; les effets dévastateurs de l’élevage et de la pêche sur l’environnement commencent à être connus ; les bienfaits d’une alimentation à base végétale sont de plus en plus admis ; un nombre croissant de restaurants et de boutiques proposent des plats végétaliens ; enfin l’on soutient de moins en moins facilement aujourd’hui que l’espèce humaine est la raison d’être du cosmos et qu’elle a tous les droits (divins) sur les animaux. Ces paramètres-là et quelques autres se conjuguent actuellement et laissent présager de beaux jours pour le mouvement végane.